C’est sans doute l’image de l’innocence que cette pochette semble vouloir incruster dans nos esprits. (Un enfant en culotte courte tiré de l’imagerie de Doisneau). Si c’était dans l’enfance que nous devions creuser une comparaison, ça serait du côté de Zazie dans le métro ou Ubu Roi pour le surréalisme latent de l’œuvre.
Grand Mal est le projet un peu flou de trois artistes dont la vie entière est tournée et dédiée à l’art ; actifs dans bien des domaines, Anne Welmer, Justin Bennet et Stephie Büttrich exercent aussi bien dans la musique électronique que lors de performances ou de compositions destinées au théâtre. On a surtout apprécié ces deux dernières protagonistes au sein de ou avec Mimeo, Fiber Jelly, The Anti Group, Fabricata illuminata, The Orgone, BmB con, Matthew Ostrwski, The Crash Ensemble, Piotr Klimak… Autant dire qu’ils ont balayé large le spectre de la musique électronique minimale et les abords de l’improvisation. Perfect fit commence comme l’Ursonate de Kurt Schwitters, borborygmes et onomatopées impétueuses.
Des spoken words agrémentés d’effets d’échos prennent le relais, puis, pêle-mêle, sonorités fantasmagoriques lynchiennes, sons tintinnabulants, bleep et craquements concrets, et petite mélodies bizarroïdes, chants à la Sarah Vaughan, etc. Si le monde a un jour besoin d’être ordonné, c’est chez Grand Mal que la tâche sera la plus dure.

